L’EXCISION: CONFESSION ET OPINIONS

Faire d’une femme un fantôme ? Non ! Un être errant, dispersée, perdu… Elle vit un traumatisme quasi-permanent et douloureux.

J’ai toujours voulus écrire quelque chose sur l’excision, d’abord parce que je suis une femme et ensuite parce que je suis contre et je voulais exprimer cela. Je n’ai jamais réussi à le faire. A chaque fois, c’était juste trop difficile. Pourtant, aujourd’hui, je sens assez de force en moi pour le faire. Je me sens boostée par les confessions d’une amie. Cette amie, on va l’appeler X.

Avant tout, il faut savoir que l’excision c’est l’ablation du clitoris. Elle est considérée comme une mutilation génitale féminine (MGF) illégale dans la plupart des nations du monde. Elle est toutefois encore pratiquée dans quelques pays où elle est souvent considérée comme un rite initiatique.

En écoutant X et en rédigeant ceci, j’ai beaucoup pleurer. C’est surtout parce que je ressentais un mal profond pour X, pour les femmes en général et pour notre avenir.

X me racontait comment elle était surexcitée à l’idée de retourner dans son village natal. Lorsque je lui demande alors pourquoi, elle me répondit qu’il y aurait bientôt les cérémonies de « Leul ». Comme je ne suis pas familière avec sa culture, je lui ai demander plus d’explication concernant le « Leul ». D’après ce que j’ai compris, il s’agirait des cérémonies d’excisions et de circoncisions dans son village et les alentours. Rien que le fait d’entendre cela ma surprise.

Excision ? Ça arrivait toujours ça ?

Elle ma confessait qu’elle a été excisée lorsqu’elle avait 15 ans lors de l’une de ses cérémonies là. Aujourd’hui, en 2018, elle a 19 ans. Elle ma expliquer à quel point c’était douloureux. Elle ma également parler des nombreux rites qui entourent cette pratique. C’était un vrai supplice.

Il m’a fallu quelques minutes pour réaliser ce que j’étais en train d’entendre. Ça résonnait dans ma tête : « X a été excisée. », « X a été excisée. », « X a été excisée. », « X a été excisée. », …

J’ai compris peu de temps après qu’elle ne se rendait pas compte des dangers de cet acte. Elle insister sur le fait qu’elle allait bien, très bien même et que c’est la tradition qui le voulait ainsi. Pour elle, il n’y a rien de plus normal. Elle a défendu l’idée selon laquelle, grâce à cette pratique, elle ferait partie des « bonnes femmes » de son village.

Je lui ai proposer d’aller voir un gynécologue. Quand je lui ai parler des dangers et des risques, vous savez ce qu’elle m’a dit ?

« Ce n’est pas important. Si je dois mourir à cause de ça avant d’avoir des enfants, alors ça veut dire que je ne suis pas une femme assez digne aux yeux de Dieu »

Je ne peux pas décrire mon choque et ma stupéfaction face à ses paroles. J’étais complètement ébahis, attristée. Nous sommes en 2018, et aujourd’hui encore, il y a des femmes qui pensent comme ça. En 2018, on apprend encore à certaines filles, que si elles ne se font pas exciser, elles ne seront pas d’assez bonnes femmes. Ces filles la vont grandir en se disant que c’est ça qui est normal. En plus, X à tellement banaliser les choses, je ne réalise toujours pas. Pour elle, c’est comme boire de l’eau, ça fait juste beaucoup plus mal que d’avaler les gorgées.

Evidemment, comme je ne sais pas fermer ma bouche, je n’ai pas arrêté de lui parler des dangers, de lui montrer des articles, des vidéos, des témoignages sur internet. Elle m’a fait comprendre que j’exagérais et que tout cela était « une affaire de blanc ».

Je suis afro-optimiste. Je suis pro-black. Je suis par la mise en valeur de nos traditions et cultures. Mais, je pense fermement que certaines traditions doivent disparaitre et ce, pour de bon. Peut-être qu’avant, vu le contexte et les réalités, on aurait pu justifier l’excision. Avec tous les cas de viols, le fait que les hommes ne se contrôlaient pas comme maintenant, ça aurait pu être envisageable. Il fallait donc exciser les filles pour les protéger des viols, du déshonneur, d’être enceinte que ce soit volontaire ou non end dehors du mariage, etc. Autrement dis, du aux valeurs et a nos anciennes coutumes, on aurait pu comprendre le fait que l’excision existe. Soyons clair, on peut le comprendre et ne pas l’accepter ou adhérer au concept.

Aujourd’hui, en 2018, c’est dangereux et sans sens. Il y a tellement de risques sur le court terme comme sur le long terme. Cette pratique peut mener à des hémorragies, des infections, des saignements abondants avec ou sans les menstruations. Il y a également de gros risques de douleurs lors des rapports sexuels, la disparition du plaisir sexuel, les abcès vaginaux, et j’en passe. Et puis, cela réduit énormément un accouchement sans risques. Les grossesses sont alors difficiles et dangereuses. Ces conséquences n’ont pas de délais. Elles peuvent se ressentir immédiatement ou des années après.

Après plusieurs recherches, j’ai vu qu’il y avait énormément de sensibilisation faites à ce sujet. Cependant, elle n’atteint pas forcement sa cible dans le sens ou, ses familles, ses populations la sont tellement ancrées dans leurs traditions qu’elles les jugent légitimes et irréprochable. Ce qui me fend le cœur, c’est de voir à quel point X et d’autres femmes trouvent cela normale de se faire exciser et le justifient sans aucun recul.

Je crois que je n’ai plus rien à dire. Je vais m’en arrêter la et vous mettre en bas un avis anonyme sur la question et des infos pratiques.

« D’après moi, l’excision est un acte barbare qui doit faire disparaître. Je ne peux pas concevoir qu’on retire le clitoris d’une femme à cause d’une histoire de tradition et de culture. Les femmes souffrent déjà avec leur quotidien et ajouter ça signifie juste les rabaisser encore plus. En plus cette pratique peut engendrer des conséquences dramatiques et dangereuses chez la femme dans le futur. Je ne sais vraiment pas le contexte dans lequel l’excision est apparue mais elle doit disparaître. »

INFOS PRATIQUES

Résumé : Né dans une famille de nomades somaliens, Waris vit enfance difficile mais heureuse entourée de sa famille. Mais quand son père décide de la marier à l’âge de 13 ans, Waris s’enfuit. Elle fit la traversée du désert au péril de leur vie, Elle a atteint la ville de Mogadiscio et a découvert sa grand-mère. Cette dernière lui a fait quitter le pays pour la faire travailler comme « bonne à tout faire » à l’ambassade de Somalie à Londres. Waris y travaille pendant six ans comme une esclave, totalement isolé et coupée du monde extérieur. Quand la guerre civile éclate en Somalie, l’ambassade ferme. Waris se retrouve seule dans les rues de Londres, ne sachant pas un mot d’anglais. Puis elle rencontre Marilyn avec qui elle devint amie. Cette jeune fille, impertinente et original, la soutien et l’aide à trouver un emploi. Travaillant dans un restaurant fast-food, Waris a été remarqué par un célèbre photographe de mode. Grace à lui, elle entra dans une agence de mannequins. Malgré de nombreuses péripéties, elle devient rapidement l’une des plus grands tops model à l’international.

Soyez fortes les filles

xox

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