STORY TIME : COMMENT JE SUIS DEVENUE NAPPY

Quand j’étais petite, ma mère me défrisait les cheveux. Elle disait toujours qu’ils étaient trop secs et difficiles à coiffer. Elle persistait à croire qu’il fallait que je les défrise pour pouvoir les manier.
Pourtant, le défrisage n’a jamais marché avec moi. Si ça lissait les cheveux des autres, ça ne faisait qu’un semblant de brushing avec les miens. Ils restaient toujours aussi touffus et secs. J’ai longtemps cru que je n’utilisais pas la bonne marque de défrisant. Je voulais avoir les mêmes cheveux que les autres. Une fois plus âgée, Jai essayer tous les types de défrisants que j’ai pu avoir.
 Rien ne marchait.

Mes cheveux ne voulaient pas être droits et raides comme ceux de toutes les autres filles qui se défrisaient. Lorsque j’ai eu 15 ans, j’ai juste décidé d’arrêter de me défriser étant donné que ça ne marchait pas. Du jour au lendemain, j’ai décidé que je m’en foutais de mes cheveux et que je n’allais plus en prendre soin.
Je n’ai pas eu à couper mes cheveux ni rien. Avant, j’aimais à dire qu’ils étaient trop sauvages pour se plier aux lois du défrisage. C’est parce que finalement je m’en foutais que je vinsse à l’école avec mes cheveux non défrisés. Ils étaient toujours aussi touffus et difficiles à manier.
Au salon de coiffure, on me forçait à les tirer ou à les tresser serrés. Je ne pense pas avoir besoin de vous expliquer à quel point c’était douloureux. Une chose en entrainant une autre, j’ai alors décidé d’apprendre à me tresser toute seule et à m’occuper moi-même de mes cheveux.
Grâce à cette décision, j’ai commencé à faire plein de recherches sur les cheveux, les coiffures faciles à faire, les traitements adoucissants, etc. J’ai vu énormément d’articles sur les cheveux naturels, les dangers du défrisage, le mouvement Nappy. C’est à ce moment-là que j’ai choisi d’être Nappy, même si je n’avais toujours pas coupé mes cheveux.
À ce moment-là, ils étaient longs, naturels avec un volume énorme. J’arrivais à avoir un afro énorme et faire toute sorte de coiffure avec. J’ai appris à aimer mes cheveux et à m’occuper d’eux toute seule. Malgré tout, il y avait des cheveux lisses, résultats de tous les défrisages précédents, dans ma touffe. Ça me dérangeait énormément. Ma mère ne voulait pas que je me coupe les cheveux.
 Évidemment, tout le monde se plaignait de ma tête ; que ce soit à l’école, la maison ou dans la rue. On m’offrait même des coffrets de défrisants juste pour que je les lisse. J’ai eu droit à tous les commentaires désobligeants sur mes cheveux et sur le fait que je ne réussirais jamais dans la vie si je les gardais aussi sauvage et peu professionnel.
Un jour, vers mai 2017, après les cours, j’en avais marre. J’ai pris les ciseaux et avant même de réaliser ce qui était en train de se passer, j’avais tout coupé. Je les ai coupés aussi court que les cheveux des garçons de mon établissement. Tout de suite après, j’ai commencé à paniquer et j’ai appelé une amie pour qu’elle m’aide à égaliser mes cheveux avant que je ne sois obligée de me raser.
J’ai caché ma tête à mes parents quelques jours avec un foulard. Puis, je commençais à les coiffer : wash n go, finger coils, etc. Ma mère, habituée à mon shrinkage, ne m’a pas cru quand je lui ai montré ma nouvelle coupe. Elle disait tout le temps : « non, tu n’oserais pas, c’est le shrinkage comme d’habitude ». Je n’ai pas cherché à la forcer à me croire, ça m’allait parfaitement. Ce n’est que 3 mois plus tard qu’elle a réalisé que j’étais sérieuse, et bien évidemment, il était trop tard pour une quelconque réaction abusive.
Aujourd’hui, je suis contente de mes cheveux. Ils poussent normalement et ne me prennent plus autant de temps. J’ai réussi à me trouver une routine satisfaisante.
Je suis fière de mon afro. Et j’espère que toutes les femmes arborant les cheveux naturels et sans artifices en sont fières aussi.

 

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